Metroid Prime 4: Beyond est un jeu d’une beauté indéniable. Techniquement, c’est une prouesse. Le framerate est d’une solidité à toute épreuve, peu importe ce qui se passe à l’écran, et la finesse graphique impressionne pour du matériel Nintendo. Les décors, surtout, sont sublimes. Chaque première arrivée dans une nouvelle zone est un véritable moment d’émerveillement. On s’arrête, on regarde, on absorbe. Ces instants-là fonctionnent. Le gameplay, lui, fait le travail. C’est du Metroid Prime, ça se joue bien, c’est précis, c’est agréable. Rien de nouveau sous le soleil, mais la base est solide.
Sauf que tout le reste s’effondre.
La structure globale du jeu est un échec. Cette immense zone désertique qui relie les différents environnements ne sert strictement à rien. On la traverse, on la retraverse, et à aucun moment elle ne justifie son existence. On sent une volonté de faire “grand”, de faire “ouvert”, mais sans jamais remplir cet espace de quoi que ce soit d’intéressant. C’est du vide. Du vide joli, certes, mais du vide. Et puis il y a la moto. Ah, la moto… L’ajout qui devait tout changer et qui n’apporte absolument rien. Pas de sensation de vitesse grisante, pas d’intégration intelligente dans le level-design, pas de moment où l’on se dit “Ah oui, c’est pour ça qu’ils l’ont mise !”. Elle est là. Elle existe. C’est tout. Affligeant.

Vai-O-La, oui c’est bien le nom de la moto, n’apporte absolument rien.
Mais le plus gros problème de Metroid Prime 4: Beyond, c’est qu’il ne comprend pas ce qu’est Metroid. Depuis quand Samus a-t-elle besoin d’être entourée de personnages qui parlent ? L’essence même de cette licence repose sur l’isolement, sur cette solitude pesante au milieu d’environnements hostiles. Ici, on croise des gens. Partout. Tout le temps. Et ces gens parlent. Ils parlent à Samus qui, elle, reste muette. Chaque cinématique devient alors un exercice d’absurdité totale où des personnages s’adressent désespérément à une femme qui ne leur répond jamais. C’est lunaire. C’est gênant. On oscille entre le malaise et le ridicule sans jamais trouver un entre-deux acceptable. Ces personnages sont de surcroît d’un inintérêt abyssal. Pas un seul ne marque. Pas un seul ne donne envie d’en savoir plus. Le scénario qui les accompagne est à l’avenant : creux, prévisible, oubliable.

“Est-ce que j’ai bien fermé la porte du frigo en quittant le vaisseau ?”
Et le feu, la glace et l’électricité… On en est encore là ? En 2026 ? Après tout ce temps de développement ? Ces années d’attente pour nous resservir les mêmes mécaniques élémentaires que l’on subit depuis des décennies ? Il y avait sûrement mieux à imaginer.
Je suis sorti de cette expérience avec un profond sentiment de gâchis. Tout ce temps. Toutes ces années de développement chaotique pour accoucher d’un jeu aussi fade. Un jeu qui brille par ses décors mais qui a oublié ce qui rendait ses aînés si spéciaux. Metroid, c’est la solitude. C’est l’exploration solitaire. C’est cette sensation unique d’être seul face à l’inconnu.
Metroid Prime 4: Beyond n’a rien compris.
