Project Hail Mary assume complètement ce qu’il est. La sincérité, la naïveté, l’humour comme l’émotion. On sent une science-fiction qui n’a pas honte de ce qu’elle est. Une approche presque court-métrage, dans le sens où chaque idée est tenue jusqu’au bout, où chaque choix de ton est assumé sans repli. Dans le contexte actuel d’une SF souvent austère ou désabusée, ça fait un bien fou.
Ryan Gosling y est juste à chaque instant. Aussi convaincant dans les moments de comédie que dans les passages les plus tristes, il passe d’un registre à l’autre sans jamais surjouer et a réussi à me toucher à chaque fois.
Toutes les interactions entre Grace et Rocky m’ont tiré un sourire. L’évolution de leur relation est traitée avec une tendresse qui donne envie de rester avec eux le plus longtemps possible. Le contraste entre leurs deux personnalités ainsi que l’écriture de leurs dialogues réussissent le tour de force de rendre Rocky immédiatement attachant. Pas besoin de visage, pas besoin d’expressions humaines, son humour et sa personnalité transparaissent dans chacune de ses répliques.
Certains plans vont me rester en tête longtemps. Le visage de Grace entièrement teinté de vert face à Adrian, la sortie pour récupérer les astrophages où l’image bascule dans le rouge. Le travail sur la couleur participe pleinement à l’identité visuelle du film et offre des images qui s’impriment durablement.
J’ai totalement embrassé le côté feel good. Le film croit en ses personnages, croit en l’amitié, croit en la capacité de l’être humain à s’élever. Aucun cynisme ou autre. Juste une vraie tendresse pour ce qu’il raconte.
Une de mes plus belles séances depuis longtemps.
